Information Voyage En Martinique
Voyage En
Martinique
La Martinique fait partie des Antilles françaises et
constitue, depuis 1946, un
département français d’outre-mer (c.-à-d. un DOM).
Avec une superficie de 1100 km², mesurant 70 km de long
et environ 30 km de large, la Martinique est le plus
petit des départements d'outre-mer. La Martinique, comme
la Guadeloupe, est située au coeur de l'arc des Petites
Antilles dans la mer des Caraïbes, à égale distance des
côtes du Venezuela et de l’île d’Haïti.

Contrairement à la Guadeloupe qui
forme un archipel de huit îles, la Martinique ne
constitue qu’une seule île. La Martinique et la
Guadeloupe sont séparées l’une de l’autre par une île
non française: l’île de la Dominique (de langue
anglaise) appelée aussi «la Dominique». Ainsi, les deux
voisines les plus proches de la Martinique sont les îles
anglophones de la Dominique (au nord) et de Sainte-Lucie
(au sud).
La ville de Fort-de-France est la
capitale administrative, mais elle représente également
le centre économique de ce département français
d’outre-mer. On ne compte que trois villes importantes:
outre Fort-de-France (94 050 habitants), ce sont les
villes de Le Lamentin (35 007 habitants) et de
Schoelcher (20 815 habitants).
Depuis la réforme de 2003,
la Martinique est devenue un
DROM: un
département et une région d'outre-mer. En tant que
département français, la Martinique fait partie de
l'Union européenne au sein de laquelle elle constitue
une «région ultrapériphérique». À ce titre, elle
bénéficie de «mesures spécifiques» qui adaptent le droit
communautaire en tenant compte des caractéristiques et
contraintes particulières de la région. L'État français
est représenté par le préfet établi à Fort-de-France et
trois sous-préfets à Trinité, au Marin et à
Saint-Pierre.
La population de la Martinique (381 467 habitants en
1999) est très majoritairement formée de «gens de
couleur» puisque 87 % des Martiniquais sont des Noirs,
des Mulâtres ou d’origine indienne ou asiatique. Parmi
la population noire,
les Martiniquais
constituent le groupe le plus important; ils sont suivis
en nombre par les immigrants
guadeloupéens, haïtiens, guyanais et réunionnais. Tous
les Martiniquais dits «de couleur» parlent le
créole comme langue maternelle; s'ils sont nés en
Martinique, ils parlent le créole martiniquais, sinon
c'est le créole guadeloupéen, le créole haïtien, le
créole guyanais, etc.
Cela dit, aujourd'hui, même dans les communes les
plus «reculées», il est à peu près impossible de ne pas
pratiquer le français de façon quotidienne. Regarder la
télé, écouter la radio, lire la presse, effectuer des
achats, aller chez le médecin, ce sont là des activités
quotidiennes qui se font majoritairement, voire
exclusivement en français. Il existe encore des
personnes très âgées ne parlant que le créole, mais
elles font l'objet de remarques amusées ou étonnées
lorsqu'il est possible de rencontrer ces représentants
d'une époque révolue, qui se comptent aujourd'hui par
quelques dizaines. Par ailleurs, certains Martiniquais,
surtout des Mulâtres élevés «à la métropolitaine»,
s'amusent à parler un mélange de créole et de français,
qui ne ressemble pas à grand-chose et qui est popularisé
à la radio par des présentateurs (notamment sur NRJ)
essayant en vain de parler une forme de langage qu'ils
ne maîtrisent pas.
Quant à la population
blanche, elle demeure très minoritaire (9 %)
et se partage, d’une part, entre les Blancs-Pays
ou Békés — les descendants des premiers colons
français — parlant le français et généralement aussi le
créole, et, d’autre part, les Blancs-France,
c’est-à-dire les Métropolitains résidant en Martinique
pour la durée d’un contrat (généralement de trois ans),
qui ne parlent que le français métropolitain.
Ceux qu’on appelle les Békés
— mot provenant de «Blancs du quai» parce qu’ils s’y
trouvaient autrefois en train de vérifier leurs
marchandises — forment une petite communauté d’environ
2000 à 3000 personnes qui se croient propriétaires de la
Martinique et qui contrôlent à peu près toute l’économie
de l’île, notamment dans les marchés d’alimentation à
grande surface et l’hôtellerie d’affaires; ils
possèderaient, en fait, plus de 50 % des richesses de
l’île. Les Békés parlent le «français des îles»,
c'est-à-dire une forme de «français de France» hormis
quelques expressions typiquement locales et un accent
particulier et généralement le créole (ils le
comprennent tous).
Quant aux Métros,
on les appelle Blancs-France ou Zoreilles.
Comme à l’île de La Réunion, les Métropolitains sont
surnommés Zoreilles parce que, d’une part,
comprenant mal le créole, ils feraient constamment
répéter et passeraient ainsi pour être «durs d'oreille»,
d’autre part, parce qu’ils seraient en Martinique pour
«tout surveiller». Les Métros comptent quelques milliers
de fonctionnaires dépêchés par Paris en Martinique et
ils occupent la plupart des postes de direction dans le
secteur public et parapublic. Répétons-le, ils ne
parlent généralement que le français métropolitain.
Les deux communautés blanches vivent encore en marge
de la population noire, mais les Békés auraient conservé
un complexe de supériorité tant à l'égard des
Métropolitains qu'à l'égard des Noirs; rappelons que les
Békés ont des origines aristocratiques. Quant aux Noirs
et aux descendants des immigrants indiens, ils
occupaient traditionnellement des emplois d’ouvriers
agricoles ou des emplois de services, alors que les plus
instruits d'entre eux, notamment les Mulâtres,
accaparaient divers postes de l’administration publique
et de la politique locale. Toutefois, la situation est
en train de changer depuis au moins une décennie et les
emplois sont moins compartimentés qu'auparavant entre
Blancs, Mulâtres et Noirs. Toutefois, il y a encore des
Noirs qui considèrent les Blancs martiniquais comme
«sales Békés esclavagistes».
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